les fèves anciennes le 17 janvier 2014

Ces conférences sont en générale ouvertes aux membres de l'association et a leurs invités, mais certainement fois comme dans le cadre des journées du patrimoine, elle sont ouverte au public.

 

En ce debut janvier et dans le cadre de l'Epiphanie notre association a organisée pour ces membres un repas partagé avec la traditionnelle galette.Une petite conférence sur l'histoire du gateaux des rois et de la fèves a animé cette soirée.

 

    I. La fève légume

 

        La fève est consommée et cultivée couramment depuis les temps préhistoriques. Elle fertilise le sol où elle a été semée comme engrais. Sa forme étrange qui évoque l'embryon lui confère un rôle important dans de nombreux rites antiques.  Liée à la fécondité de la terre, les fèves sont d'une manière générale considérées comme symbole des bienfaits et de la prospérité des morts. Au Moyen-Age, c'est essentiellement le symbole de vie qui subsiste, ce qui explique la place qu’elles occupent dans les cérémonies de mariages et de labours. La fonction alimentaire est importante : la soupe de fève fait partie de la vie du paysan. S'inspirant des Grecs qui votaient à l'aide d'une fève blanche ou noire indiquant l'acquittement ou la condamnation, elles servent aussi de jeton de vote.

 

    II. La fève jeton de vote

 

        L'élection d'un roi éphémère, au solstice d'hiver, à l'origine de la phase ascendante qui voit le renouveau de la vie et de la nature est, selon les historiens, une réapparition des Saturnales ; ces réjouissances populaires étaient célébrées à Rome en l'honneur du dieu Janus.. Vers la fin du IVème sièècle, les Saturnales sont interdites. Seule la fête du Nouvel An est autorisée dans le monde chrétien. L'Eglise doit à présent s'imposer ; elle instaure des fêtes pour remplacer les célébrations pa?ïennes. Elle célèbre la naissance de Jésus-Christ le 25 décembre, date à laquelle on fêtait la renaissance du soleil, après le solstice d'hiver. Jusque là, il n'y avait pas de date fixe et l'èpiphanie (du Grec EPI = sur et PHANiA = révélation) se confondait avec elle. Le 6 janvier, date à laquelle les ègyptiens commémoraient la résurrection d'Osiris, l'Eglise place l'adoration des mages où, selon l'évangile de Saint Matthieu, les mages viennent d'Orient adorer l'enfant Jésus et lui offrir en présent l'or, l'encens et la myrrhe ; symbolisant respectivement des biens matériels, des prières et le sacrifice. L'épiphanie est reportée au dimanche situé entre le 2 et le 8 janvier. La fève, symbole de vie, possédant déjà par ailleur une fonction électorale, remplace dans les milieux modestes la pièce de monnaie. Robert, Evêque d'Amiens, dans une charte datée de 1311, nous décrit le gâteau comme une "pratique constante", composé d'une pâte "feuillée", de beurre et d'oeufs frais. C'est durant le XVème sièècle que se répand la coutume du gâteau traditionnel.

 

    III. La fève et l'Epiphanie

 

        Sous la Convention, la fête des rois faillit être interdite. Elle porte le nom de fête des sans-culotte, et le gâteau fut rebaptisé "gâteau de l'Egalité". Le Maire de Paris, dans un arrèté du 4 nivôses an III (décembre 1793) interdit aux pâtissier de fabriquer ce gâteau. Malgré les pires vicissitudes, la fabrique du gâteau des rois continua. Et ce, jusqu'à aujourd'hui.

 

        Voyons comment encore au début du XXème siècle, on "tirait les Rois" : Le père de famille découpe la galette en autant de part que de convives sans oublier la part à Dieu ou de la Vierge destinée à un mendiant (aussi appelée part du pauvre). Tout le monde doit en manger. Elle protège, en particulier les enfants, des envoyées d'Hérode qui errent toute la nuit précédent la fête. Un enfant, le plus jeune, caché sous la table, désigne la part de chacun. "Pour qui?" demande le père, et l'enfant attribue les parts. La fève est tirée au cri de "Vive le Roi", et chaque fois que celui-ci porte sa coupe à ses lèvres, on s'écrit "le Roi boit!" en souvenir du premier mage qui, apercevant l'enfant Jésus au sein de sa mère, se serait exclamé "le Roi boit!". Le roi choisit sa reine en jetant la fève dans le verre de l'heureuse élue. Dans certaines familles, on dissimulait un haricot et une fève objet dans le gâteau : l'un désignait la reine te l'autre le roi. Le roi doit un cadeau à sa reine : il offre à boire et un autre gâteau la semaine suivante. Privilège coèteux qui aurait incité certains à avaler le légume. C'est ainsi qu'à la fin du XIXème siècle, avec l'industrialisation, la mode du bibelot et de la poupée, appara?ît la fève en porcelaine, moins digeste. Quoique la France ait connu plusieurs régimes républicains, cette fête, qui dans la pensée des masses n'a plus guère de signification politique, demeure aussi populaire et aussi générale que par le passé.

 

    IV. La fabrication des fèves en porcelaine

 

        La fabrication des premières fèves en porcelaine date de 1874 et se situe en Allemagne. Apparaissent alors les premiers baigneurs (petits poupons nus). A partir de 1892, la diversification des thèmes s'élargit jusqu'au début du XXème siècle. Dès lors, c'est l'âge d'or de la fève polychrome avec des thèmes représentatifs de l'époque.

 

        Principal spécialiste pour la fabrication des fèves, la maison Ranque-Ducongé devenue par la suite Limoges-Castel et aujourd'hui fermée, produisait chaque année plusieurs millions de fèves (6 millions de fèves biscuits, 1,5 million de sujets émaillée et 600 000 décorés). Et seules deux à trois personne étaient occupée temporairement aux postes de fabrication. Selon une recette traditionnelle, la p?ñte à porcelaine s'obtient à partir d'un mélange de feldspath, de kaolin, pétrole et eau.

 

        De la traditionnelle poupée, la fève a cherché à représenter l'enfant Jésus, des anges, colombes, Jeanne d'Arc, ... Puis les thèmes se sont élargis, le religieux faisant place petit à petit à la royauté (couronne, roi, reine), à des portes-bonheurs (fer à cheval, trèfle, cochon, 13, ...) puis à des sujets usuels ou d'actualité (Concorde, Zeplin, Apollo, avion biplan...). Puis l'ère du dessin animé a commencé pour aujourd'hui envahir la quasi totalité du marché actuel de la fève. Au milieu des années 80, la publicité s'est emparée de l'Epiphanie ainsi pouvait-on gagner une voiture en trouvant 5 fèves TF1. Certains boulangers renommés on eu l'idée de faire fabriquer des fèves personnalisées (Poilânes petits ânes, Le Nôtre, ...)